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Musique

Pauvre Diable : Interview et vidéo du titre Hommage aux Soignants

Pour la sortie de son titre Hommage aux Soignants, l’artiste Pauvre Diable nous accorde une interview!

pauvre diable

Pauvre Diable… pourquoi avoir choisi ce nom d’artiste ?

J’étais un gamin perdu. Beaucoup trop jeune, j’étais assailli de questions existentielles. Cette quête du sens de la vie m’a amené à rejeter les conventions, le système scolaire et la société́ en général. Ces errements culminent à mes 16 ans par mon exclusion définitive du lycée. L’étiquette de Pauvre Diable me collait à la peau.

Cet électrochoc m’a fait prendre conscience que mes choix de vie ne m’amenaient nulle part. Je n’étais pas plus proche de comprendre le sens de notre présence sur Terre. La seule chose qui était sure, c’est que mes actions gâchaient ma propre vie, et celle de mes proches.

J’ai fait alors le choix de rentrer dans le moule et de faire ce qui était attendu de moi. Moitié par peur, moitié par vengeance, je suis retourné en classes préparatoires dans le lycée qui m’avait renvoyé.

Pour tenter de garder mes questions existentielles à distance, je me suis consacré entièrement à mes études, et j’ai intégré l’École Polytechnique. Continuant sur cette lancée, j’ai rejoint le secteur de la finance et je me suis expatrié à Londres.

Au bout de 10 ans d’une carrière bien conforme aux critères sociaux, j’ai fait une pause. Je me suis regardé un soir dans le miroir, et les questions existentielles m’ont rattrapé. Le fait que j’étais en train de passer à côté de ma vie m’a éclaté à la figure. J’étais devenu un Pauvre Diable à mes propres yeux.

Alors j’ai tout abandonné ma maison, ma carrière, mon pays. Je suis parti au Portugal pour me consacrer exclusivement à la musique.

Pas sûr que je trouve la réponse aux mystères de l’existence, mais au moins la musique est un chemin qui résonne en moi.

Depuis quand faites-vous de la musique ?

Je fais de la musique depuis toujours, mais avec un énorme vide au milieu de ma vie où j’ai suivi les sentiers tracés par la société. J’ai tout plaqué très récemment pour partir au Portugal et me consacrer entièrement à la musique. J’ai sorti mon premier single le 1er mai.

Comment définiriez-vous votre style de musique ?

Pour moi, c’est le texte avant tout. C’est pour ça que j’ai choisi le slam, qui est le genre qui met le plus le sens des mots à l’honneur. Contrairement aux autres genres musicaux, il est impossible d’écouter du slam sans écouter les paroles. 

Pourquoi faites-vous de la musique ?

Je me sens souvent assailli d’émotions violents que j’ai du mal à gérer. Il est absolument nécessaire pour moi de m’asseoir et de poser cette émotion sur le papier, c’est le seul moyen de m’en soulager.

Parfois, c’est suffisant, et ce texte restera un cri éphémère oublié dans un cahier. D’autres fois, ce n’est pas assez pour apaiser l’émotion, et elle continue à me ronger de l’intérieur. Dans ce cas, je m’assois au piano, je ferme les yeux et je laisse mes doigts l’exprimer à travers cet instrument parfaitement complémentaire de la plume.

Ces émotions-là deviennent un vrai morceau, et dans le processus j’ai dompté ma tempête intérieure.

Quelles sont vos influences musicales ?

Grand Corps Malade, bien sûr. Abd al Malik et Eminem aussi.

Si vous deviez amener un album sur une ile déserte ce serait lequel ?

« Plan B » de Grand Corps Malade. Une merveille musicale d’une profondeur exceptionnelle.

Si vous pouviez passer une soirée avec une star de la chanson ce serait qui ?

Désolé je me répète : Grand Corps Malade !

Et pour un duo, cela serait avec qui ?

Camille Lellouche. Son duo avec Grand Corps Malade « Mais je t’aime » est un bijou inégalé. Sa voix est tellement vraie, tellement juste, tellement profonde.

Parlez-nous de votre premier titre : « Hommage aux soignants »

J’ai beaucoup de médecins, infirmier(e)s, aides-soignant(e)s autour de moi, dans ma famille et mes amis.

Ça faisait des années que je les voyais à saturation, épuisés par les longues nuits, le manque de moyens et de considération. Et je ne pouvais rien y faire.

Je les ai regardé demander, implorer, alerter, manifester. Rien n’a changé. Et je ne pouvais rien y faire.

J’ai vu Covid-19 apparaître, la charge de travail quadrupler du jour au lendemain. Mais pas les moyens. Et je ne pouvais rien y faire.

J’ai observé ces soignants travailler 12 heures de suite, boule au ventre et masque fait maison au visage. Je les ai vu raccrocher leur blouse pour rentrer chez eux, et croiser leurs futurs patients se promener en groupe le nez au vent, sans masque et sans honte. Et je ne pouvais rien y faire.

J’ai écouté le gouvernement donner des directives claires. Et ordonner l’exact opposé le lendemain. J’ai entendu les soupirs d’exaspération de tous ces soignants. Mais la flamme dans leurs yeux ne s’est jamais éteinte.

Alors ce n’était plus suffisant de ne rien pouvoir faire.

J’ai écrit un morceau pour eux. Pour leur rendre hommage. Pour les soutenir, les épauler. Leur tendre l’oreille et leur prêter une voix. Pour dénoncer leurs conditions et me battre pour eux. A ma façon. Ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas rien.

J’en profite pour dire un énorme MERCI à tous les soignants du monde, et en particulier les 70 aide-soignant(e)s, médecins et infirmier(e)s qui m’ont rejoint sur le clip de « Hommage aux soignants » (100% des profits de ce morceau sont reversés à la Croix Rouge dans leur mission de soutien aux soignants).

Si vous deviez donner envie aux lecteurs de J’adore Les Potins d’écouter votre musique, vous diriez quoi ?

La vérité est parfois difficile à entendre, mais il est impossible d’évoluer sans avoir le courage d’ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure et notre propre vie.

Que vous vouliez soutenir les soignants, réfléchir sur le sens de notre vie, ou interroger vos relations familiales, je vous invite à écouter un de mes morceaux. Je peux vous garantir un investissement efficace de votre temps : soit vous adorerez, soit vous détesterez !

Votre plus grand rêve ?

Faire une différence dans ce monde. Éveiller les consciences. Que ma musique contribue un tout petit peu à mener l’humanité vers plus d’empathie, d’apaisement et de compréhension.

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